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* Xi souhaite présenter l'IA open source chinoise comme un bien public, contrairement aux modèles américains fermés
* La présence de Xi Jinping témoigne de l'importance stratégique croissante de l'IA pour Pékin
* Huawei s'apprête à dévoiler son cluster de puces d'IA phare, conçu pour contourner les sanctions occidentales
par Laurie Chen
Le président chinois Xi Jinping devrait exposer vendredi, lors d’un forum, une vision ambitieuse du rôle de la Chine dans la gouvernance mondiale de l’IA, tandis que Huawei présentera son cluster de calcul IA le plus avancé à ce jour, signe de la volonté de Pékin de développer une alternative nationale à la technologie américaine. La participation de Xi à la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC), qui se tient chaque année et à laquelle il assiste pour la première fois, souligne la vision de Pékin selon laquelle l’IA est à la fois un moteur de croissance économique et une technologie stratégique dans la concurrence mondiale. Le système de calcul IA à grande échelle Atlas 950 SuperPoD de Huawei fera ses débuts publics lors du forum qui se tiendra à Shanghai du 17 au 20 juillet. Ce lancement est l’une des démonstrations les plus évidentes à ce jour des efforts déployés par la Chine pour assembler de tels systèmes sans recourir aux puces les plus avancées du géant américain Nvidia NVDA.O .
Conçu pour l’entraînement et l’inférence en IA à grande échelle, le système relie des milliers de processeurs IA Ascend de Huawei via des interconnexions à haut débit, leur permettant ainsi de fonctionner comme un seul et même cluster de calcul. Le dernier modèle V4 de DeepSeek a été adapté pour fonctionner entièrement sur des clusters construits à partir des puces Ascend de Huawei, soulignant ainsi les progrès réalisés par les entreprises chinoises dans la mise en place d’écosystèmes d’IA indépendants de la technologie américaine. Les médias nationaux ont rapporté que des fabricants de puces chinois, notamment Biren et MetaX, s’apprêtaient également à lancer de nouveaux clusters de calcul « supernœuds ».
GOUVERNANCE DE L’IA
Cette rencontre intervient alors que Washington et Pékin se préparent à leurs premiers pourparlers sur l’IA au niveau gouvernemental sous l’administration du président américain Donald Trump, transformant ainsi le WAIC d’une vitrine technologique en un premier test de la manière dont la Chine entend rivaliser pour exercer son influence sur les règles régissant l’IA à l’échelle mondiale.
Les deux rivaux ont présenté des visions opposées de la gouvernance de l’IA lors d’un dialogue de l’ONU sur l’IA la semaine dernière, au cours duquel Washington a fait valoir qu’une réglementation trop restrictive étoufferait les avancées technologiques, tandis que Pékin a présenté ses modèles d’IA open source et à faible coût comme un bien public susceptible de réduire les inégalités mondiales en matière d’IA. « Dans ce contexte, le WAIC est devenu bien plus qu’une vitrine technologique; c’est désormais une scène géopolitique sur laquelle Pékin cherche à articuler sa vision de l’IA à la fois comme une priorité nationale et comme un instrument diplomatique », a écrit George Chen, responsable du pôle numérique chez Asia Group.
Dans un discours prononcé en janvier, Xi Jinping a comparé l’IA à une « transformation technologique majeure et historique, comparable à celle de la machine à vapeur », et Pékin a explicitement misé sa croissance future sur la diffusion de l’IA dans l’ensemble de son économie et sur l’atteinte de l’autosuffisance dans les technologies de pointe.
La Chine a proposé la création d’une Organisation mondiale de coopération en matière d’IA (WAICO) lors de la conférence de l’année dernière, mais aucun pays n’a officiellement annoncé son adhésion.
La conférence coïncide avec une réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale de l’IA à Shanghai, où des avancées concernant la WAICO et la mise en œuvre de l’Initiative pour la gouvernance mondiale de l’IA devraient être annoncées.
PROMOTION DE L'OPEN SOURCE
Pékin devrait également promouvoir les modèles d’IA open source chinois comme une alternative peu coûteuse aux offres occidentales, en faisant valoir qu’ils peuvent élargir l’accès à cette technologie.
« Le développement de l’IA ne doit en aucun cas déboucher sur un monopole technologique qui s’enferme sur lui-même, mais doit toujours rester ancré dans l’objectif fondamental de servir l’humanité », pouvait-on lire cette semaine dans un éditorial du Quotidien du Peuple. Outre les poids lourds de l’industrie technologique chinoise, des dirigeants internationaux, dont le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev et le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul, participeront au WAIC.
Neuf lauréats du prix Turing et du prix Nobel, dont les pionniers de l’apprentissage profond Yoshua Bengio et Richard Sutton, seront également présents, mais les grandes entreprises technologiques américaines seront peu représentées.
« La Chine a fait des percées auprès des pays d’Asie du Sud-Est en matière de renforcement des capacités en IA, et se présente comme le porte-parole des pays en développement qui sont laissés pour compte dans la course à l’IA », a déclaré à Reuters un diplomate asiatique sous couvert d’anonymat. Selon les médias chinois, d’autres lancements de produits sont attendus lors du forum, notamment des smartphones dotés d’agents IA de la marque Nubia, détenue par ZTE, et de la start-up spécialisée dans l’IA StepFun.

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